lundi 30 novembre 2009

SEJOUR DE NOVEMBRE 2009

Objectifs du séjour
Après le séjour de février 2009, et la création de l'Association, il était temps de se mettre au travail....
  1. Le projet essentiel était la réalisation du forage. Les préparatifs étaient en cours depuis le mois de mars 2009. Etude des devis collectés par David Zoungrana, choix d'un projet performant dès le départ et évolutif, recherche des points de forage, planification.
  2. Le second projet était la mise en place d'un espace de maraîchage, proche du forage, permettant aux habitants de cultiver des produits à contre saison, dont le bénéfice leur permettrait d'améliorer leurs conditions de vie, et essentiellement l'achat de médicaments
  3. Le 3eme projet, était la construction d'un cabinet de consultations dans le village. Celui-ci faisant partie de notre "concession", ne sera pas à la charge de l'association, mais sera mis à disposition par nos soins.
Remerciements
Nous tenons à remercier de tout coeur ceux et celles qui par leurs adhésions à "Terre et Vie de Zanrcin" participent activement à ce projet humanitaire. Merci aussi à ceux qui nous ont soutenus par leurs encouragements, et qui sait, nous rejoindront peut-être.
Mais nous n'oublions pas que l'acteur principal de ce projet est notre Ami, David. Son implication, sa disponibilité, et son ouverture d'esprit nous sont d'un précieux concours. Rien n'aurait été possible sans lui. Rien n'aurait été possible sans l'attachement qu'il porte à son village, et qu'il a su nous faire partager.
                          
                             -1- LE FORAGE


L'attente....
Le 25 octobre, une première équipe de l'entreprise de forage est venue à Zanrcin, pour détecter deux points de forage. Le n°1, à environ 100 mètres du chemin, et de notre concession, le n°2, en bordure du chemin, à 70 mètres de notre concession.




Le rendez-vous pour le forage avait été fixé au 9 novembre, afin que nous puissions y assister.
Le 9 novembre, premier report.... De jours en jours, l'arrivée des foreurs sera repoussée. S'agissant de forages positifs, ils ne peuvent quitter un site que lorsque l'eau a "jailli". C'est ainsi que nous avons dû quitter Zanrcin le 18 novembre sans les avoir vus.
Mais les bonnes surprises n'allaient pas tarder à arriver....
Jeudi 19 novembre, 7h00, dans le hall de l'aéroport Charles De Gaulle, la messagerie de nos portables sonne.
"je suis en route pour le village, le forage est arrivé ce matin. Biz"
L'après-midi même, l'équipe commence le travail. David est revenu de Ouagadougou, en y confiant ses clients à Amadou, pour surveiller les travaux.... et prendre des photos, qu'il nous enverra dès le lendemain.


L'eau a jailli à Zanrcin!
Le 20 novembre, nouveau message:
"L'eau a jailli à Zanrcin! les travaux se poursuivent...."
Enfin, le 23 novembre, message internet:
"Chers amis, la première tranche du forage qui consistait à la perforation vient de se terminer cet après-midi et c'était une grande joie pour moi et pour toute la population de Zanrcin! Encore une fois de plus, merci pour ce beau cadeau! La deuxième tranche consistera à la fixation de la pompe Volanta se fera dans les jours qui suivent."


L'étape suivante, construction de la margelle et installation de la pompe "Volanta".








2- LE MARAÎCHAGE

La réalisation du forage à Zanrcin n'était pas une fin en soi, mais bien une étape dans l'aboutissement d'un projet sanitaire plus global. L'eau ainsi fournie n'est qu'un outil, certes indispensable, mais insuffisant pour arriver à la finalité de notre projet. C'est ainsi que nous avons réfléchi depuis le mois de février, avec David, aux moyens d'utiliser cet outil nouveau, pour le transformer en "richesse" nouvelle. L'idée du maraîchage a été jugée la plus opportune. La mise en place, le mode de fonctionnement, et l'utilisation des bénéfices restaient à définir. Ne voulant rien imposer, nous avons rencontré les membres de l'association "Neeb la Taaba" ("l'union fait la force"), l'association locale pour le développement de Zanrcin, créée par David il y a quelques années. Déterminer les conditions de création du maraîchage était simple: Emplacement, nécessité d'une cloture pour le protéger des animaux. Il nous semblait plus compliqué de trouver un système d'exploitation générant des ressources destinées aux frais de santé, qui soit équitable pour tous. Le système des assurances est encore mal adapté à la culture locale. Un système mutualiste est susceptible de créer des jalousies du fait de la variabilité du travail fourni, du résultat produit, et aussi de la consommation en soins. Chacune des options a été expliquée, et les membres de "Neeb la Taaba" ont pu en débattre librement.

L'option retenue est donc la suivante.
  • Chaque parcelle sera louée pour un prix forfaitaire annuel, à déterminer. Cette recette, qui reviendra à "Neeb la Taaba", servira à couvrir les frais d'entretien du forage et de l'espace de maraîchage.
  • Une deuxième cotisation servira à alimenter une caisse de secours, sous forme mutualiste. Le montant de cotisation de la première année sera modeste, et revalorisé si nécessaire les années suivantes. Cette caisse de secours couvrira les frais de santé uniquement à partir d'un certain coût (à déterminer). Cette caisse sera aussi gérée par "Neeb la Taaba", et les fonds débloqués sur des critères sociaux et médicaux.
  • Le reste des bénéfices obtenus par chacun restera à sa libre disposition.

Concernant le site du maraîchage, nous nous sommes engagés à financer les matériaux nécessaires à la cloture, "Neeb la Taaba" s'engageant à fournir la main d'oeuvre dans le cadre de travaux d'intérêts collectif



3 - NOTRE CONCESSION


En février dernier, le "Naaba" (Chef traditionnel du village), heureux de notre projet d'implantation à Zanrcin, nous avait offert un terrain. Nous avons pu depuis, avec David, en faire les plans, correspondant à nos souhaits, mais aussi aux usages locaux.
Lorsque nous sommes arrivés à Zanrcin, tout était prêt. Le sable, collecté dans le fond de la rivière d'écoulement du barrage, était sur place. De grosses pierres destinées aux fondations avaient été rapportées d'un site distant de 2 km. Les moellons en ciment avaient été fabriqués. Les 1500 briques en terre également, et amenées sur place.
La fabrication des briques,

près du puits à ciel ouvert. La terre est détrempée, foulée aux pieds puis mise dans un moule. Le démoulage est immédiat, et le temps de sèchage est de 3 jours.









L'un des tas de briques présents sur le site de la concession à notre arrivée...


1er jour des travaux:
Dès le lever du soleil, nous retrouvons quelques villageois sur le site, pour tracer sur le sol l'emplacement de nos cases.


Petit à petit, les villageois arrivent sur le chantier. A 9h00, ils sont 25 à travailler durement. Les pioches ne pénètrent la terre durcie par le soleil que de quelques centimètres. Il fait déjà plus de 30°C à l'ombre...


La tranchée pour les fondations se termine. La terre de remblai a été mise au milieu du cercle pour plus tard. Déjà, on s'active à préparer le béton pour les fondations.


De grosses pierres assureront la solidité de la construction.


Un premier rang de moellons est posé, pour la base du mur. Il sera enduit plus tard d'un revêtement destiné à éviter les infiltrations d'humidité dans le mur, à la saison des pluies.


Le temps passe.... 14h00! Il est temps de se restaurer. David a fait préparer un repas de fête: Riz aux haricots. Nous partageons ce plat avec grand plaisir, et pour le grand plaisir de nos amis




Le soir, la partie cimentée de nos trois cases est terminée. Rendez-vous est pris pour quatre jours plus tard. Le village est en pleine moisson du riz, et le travail ne manque pas.




2eme jour des travaux
Pour cette tranche des travaux, retour à la méthode traditionnelle. Le remblai déposé au milieu est copieusement arrosé, pioché, et piétiné, pour en faire le ciment qui liera les briques en terre.




Les murs montent....


Montent....




Montent....


Et à la fin de la journée, les trois cases sont "terminées"....









Beaucoup de travail reste à faire. Les villageois s'en chargeront sous les directives de David, pendant l'hiver.
Sol, charpente, toiture en paille, cloison intérieure, chateau d'eau, fosse septique, enduits intérieurs et extérieurs, peintures, plomberie, etc....
ans oublier la paillotte, et le cabinet de consultation....
Le jour de notre départ, l'électricien est déjà là pour faire son travail.



- Et à l'intérieur? -

Quelques vues de l'intérieur des cases de David....












Alors? Cela ne vous donne pas envie de venir nous rendre visite?

4-SCÈNES DE LA VIE QUOTIDIENNE


- Le mariage -
Le mariage es l'une des occasions de réunir tout le village. Les hommes d'un coté, les femmes de l'autre. L mariée ne sortira pas de chez elle pendant 7 jours. Sa première sortie sera pour aller laver le linge de ses beaux-parents, marquant ainsi son intégration à sa nouvelle famille. La matinée est rytmée par les prières et les voeux aux mariés, suivis d'un repas de fête: riz-haricots-poulet. Puis vient le moment de la remise des cadeaux, et enfin la fête, qui durera tard dans la nuit.
Du coté des hommes.




Les jeunes mariés....


Avec Amadou....


Photo souvenir....



- Les enfants -

Comme toujours, les enfants ont été très présents à nos cotés. Parfois timides, craintifs, mais le plus souvent souriants, curieux, et cherchant le contact. Leur présence auprès de nous chaque jour, en toutes circonstances, est aussi un gage de la confiance de leurs parents.






Salamata, notre voisine, avec ses enfants.




A l'école...

















- Le travail au village -

C'est bientôt l'hiver, ici, et bien sûr les récoltes se terminent. Mil, sorgho, maïs, sont déjà rentrés pour la plupart. Nous sommes en pleine moisson du riz, et cueillette du Bissap.

La moisson du riz.

Les gerbes, récoltées à la main, sont amenées au battage.

Pour séparer le grain, de larges pelletées sont jetées en l'air, au vent, qui emporte feuilles et herbes, les grains retombant sur place. Il ne reste alors que les grains de riz dans leur coque. Il sera plus tard, au fur et à mesure des besoins, pilé à la main ou au moulin, puis éventé, pour le séparer de son enveloppe.

Le bissap est une plante annuelle, dont on utilise les fleurs. Les pétales sont recueillis, mis à sècher, et utilisés en infusion, pour faire une boisson, que l'on peut aussi aromatiser. Il est en général planté en bordures de parcelles pour les délimiter.

Femmes ramenant le bissap.




Les arachides ne sont pas encore toutes récoltées non plus.
Ces tubercules sont récoltées et mises à sècher.



- L'eau -

Pour certaines familles, le puits à ciel ouvert se trouve à près d'un kilomètre. Si beaucoup ont une charrette à bras, ou un âne et une charrette, permettant de transporter un fût de 200 litres environ, d'autres, doivent accomplir ce travail avec un bidon de 20 litres à chaque main. Cette tâche est souvent assumée par les femmes.














Chez David, l'eau est stockée dans ce "chateau d'eau",
qui permet d'alimenter les sanitaires et douches.


- Images insolites... A voir! -

Les pneus usagés sont récupérés. On taille à l'intérieur des lanières de caoutchouc...

Numéro d'équilibriste de l'électricien....

Le coq d David. Non seulement il chante au milieu de la nuit, mais il s'installe sur nos fauteuils!

La journée sur le chantier tire à sa fin. Saidou est fatigué...

Un papa et son fils. On apprend tôt à venir chercher de l'eau au puits .

La lessive, au puits à ciel ouvert....

Consultation particulière, par David, mon nouveau stagiaire....

Séance de cinéma, le soir à la concession de David....

A Ouagadougou, atelier de bronze à la cire perdue....

A Ouagadougou, métier à tisser....

A Ouagadougou, sur le bord de la route....
Il fait 35° à l'ombre, sans parler de la poussière et des fumées....

Sur le marché de Zorgho, le marchand de grigris....

Adama, notre voisin, doit tresser une nouvelle natte pour réparer son grenier à mil,
qui s'est effondré dans la nuit

Helene n'a pas résisté au plaisir de monter....

La cuisine, chez David.

Le barrage a été très endommagé au cours des inondations du 1er septembre 2009.

Les travaux pour l'extension de l'école (3 classes supplémentaires) ont commencé.
Le CE d'Air France finance, et les villageois font les travaux.

A Mogtedo, dans une rue du village....

A Mogtedo, le salon de coiffure....

Chez David, la paillotte....

Décorations sous la paillotte.

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